Fente somatique et malignité

Hatano H et al. Intravertebral cleft in pathological vertebral collapse resulting from cancer metastasis: report of three cases. Skeletal Radiol 2016; 45 : 1747-1750.

On le savait

Affirmer la nature bénigne d’une fracture vertébrale consiste notamment, en IRM, à s’assurer de la présence d’une fente/ strie transversale et plus ou moins aérique au sein du corps vertébral, de l’absence d’envahissement trop conséquent des parties molles et de l’absence de bombement du mur postérieur. À cet égard, comparer comme suggéré par nos Maîtres belges une vertèbre ostéoporotique à une « biscotte » apte à se fracturer et se fragmenter, à l’inverse d’une vertèbre tumorale et « charnue » qui ne le fera pas, apparaît tout aussi pertinent que mnémotechnique. Et l’on aurait vite fait, dans l’usage, de croire que chacun des signes habituellement proposés se suffit à lui même au point d’être pathognomonique… C’est, il faut bien l’avouer, le cas de la fameuse strie/ fente transversale fréquemment rencontrée dans les fractures vertébrales bénignes.

What’s new, Doc?

Dans un article de Skeletal Radiology paru en 2016, Hatano et al. nous rappellent que si des fentes fracturaires larges et d’allure pseudarthrosique sont fréquentes dans les fractures bénignes (10,3 à 18,9% des cas), elles peuvent bel et bien se rencontrer au sein d’authentiques vertèbres métastatiques. Sur une série de 111 lésions secondaires radiothérapées, les auteurs détaillent la présence de stries significatives chez trois patients (2,7%). Toutes siégeaient à l’étage thoracique (T7, T8 et T11), toutes étaient larges et aérées et toutes siégeaient à côté de modifications typiquement malignes du corps vertébral. Pour les auteurs, cette « fente » surviendrait au sein d’un os malade mais de structure spongieuse encore préservée ou au sein d’un os sain mais jouxtant immédiatement l’os malade, la survenue de cette pseudarthrose étant peut être précipitée par des phénomènes ischémiques liés à l’envahissement tumoral. Au total, on retiendra qu’un diagnostic de fracture vertébrale bénigne ne saurait se baser sur un signe unique plus que sur un faisceau cohérent d’arguments en imagerie.


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