Approche diagnostique des tuméfactions

Les statistiques sont formelles, les lésions bénignes comptent bien pour l’immense majorité des tuméfactions des parties molles rencontrées dans une pratique de ville qui se tient.

Pour autant, parmi la foule de ces tumeurs et pseudotumeurs bénignes se cachent bien quelques rares mais redoutés sarcomes dont le diagnostic n’est parfois pas simple comme quelques années en centre spécialisé nous ont permis de le constater. Sarcomes pris pour des hématomes ; sarcomes mimant des tumeurs bénignes ; mais aussi lésions bénignes mimant des sarcomes… Ces situations troublantes sont sources de retard diagnostique pour les premières mais aussi d‘inquiétude et de gestes invasifs inutiles pour la dernière. Dans ce contexte il ne fait aucun doute que les cadres et consensus récemment proposés par diverses instances nous sont précieuses et méritent d’être le plus largement diffusés.

Les références récentes

En 2013, l’OMS a ainsi actualisé sa classification internationale des tumeurs des parties molles en fonction de leurs types histologiques (Baheti AD et al. AJR 2016; 206: 924-932).

En 2014, l’ESMO a actualisé son « guideline » de prise en charge des tumeurs malignes des parties molles en rappelant notamment que toute lésion suspecte doit impérativement et précocement être prise en charge en centre spécialisé (The ESMO/European Sarcoma Network Working Group. Annals of Oncology 2014; 25(3): iii102-iii112).

En 2015, l’ESSR a proposé un arbre décisionnel définissant la place des différentes modalités d’imagerie selon qu’une lésion des parties molles est bénigne et formellement « reconnaissable » ou « indéterminée », soulignant le fait que ces dernières doivent impérativement et sans délai être biopsiées (Noebauer-Huhmann IM et al. Semin Musculoskelet Radiol. 2015; 19(5)).

 

 

arbre-decisionnel-diagnostique-tumefactions

En 2017, le Groupe Sarcome France a (enfin!) proposé un cadre solide à la place que doit avoir l’imagerie diagnostique et la biopsie sous guidage de l’imagerie dans le bilan d’une tumeur graisseuse. Dans les grandes lignes, on retiendra notamment que la taille de 10 cm devient officiellement un critère d’inquiétude que la lésion soit superficielle ou profonde (Fouque O et al. Stratégie diagnostique devant une tumeur graisseuse des tissus mous de l’adulte. Poster des JFR 2017).

Et en pratique ?

Quoi qu’il en soit pour les imageurs que nous sommes l’attitude la plus simple pour s’en sortir est pragmatique et consiste avant tout, dans le but de mieux identifier ces lésions « indéterminées » qu’il convient de biopsier, à parfaitement maîtriser la gamme des « tuméfactions des parties molles à reconnaître en imagerie ». Tout un art, mais qui répond en fait de règles simples à comprendre et faciles à appliquer.


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